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04 septembre 2020

en route vers Jérusalem (Marc 9,14-10,52)

 

14 En venant vers les disciples, ils virent autour d’eux une grande foule et des scribes qui discutaient avec eux. 

15 Dès qu’elle vit Jésus, toute la foule fut remuée et l’on accourait pour le saluer. 

16 Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? » 

17 Quelqu’un dans la foule lui répondit : « Maître, je t’ai amené mon fils : il a un esprit muet. 

18 L’esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette à terre, et l’enfant écume, grince des dents et devient raide. J’ai dit à tes disciples de le chasser, et ils n’en ont pas eu la force. » 

19 Prenant la parole, Jésus leur dit : « Génération incrédule, jusqu’à quand serai-je auprès de vous ? Jusqu’à quand aurai-je à vous supporter ? Amenez-le-moi. » 

20 Ils le lui amenèrent. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit se mit à agiter l’enfant de convulsions ; celui-ci, tombant par terre, se roulait en écumant. 

21 Jésus demanda au père : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » Il dit : « Depuis son enfance. 22 Souvent l’esprit l’a jeté dans le feu ou dans l’eau pour le faire périr. Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous. » 

23 Jésus lui dit : « Si tu peux !… Tout est possible à celui qui croit. » 

24 Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » 

25 Jésus, voyant la foule s’attrouper, menaça l’esprit impur : « Esprit sourd et muet, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus ! » 

26 Avec des cris et de violentes convulsions, l’esprit sortit. L’enfant devint comme mort, si bien que tous disaient : « Il est mort. »  27 Mais Jésus, en lui prenant la main, le fit lever et il se mit debout. 

28 Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier : « Et nous, pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit ? » 

29 Il leur dit : « Ce genre d’esprit, rien ne peut le faire sortir, que la prière. »

30 Partis de là, ils traversaient la Galilée et Jésus ne voulait pas qu’on le sache.  31 Car il enseignait ses disciples et leur disait : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, lorsqu’il aura été tué, trois jours après il ressuscitera. »  32 Mais ils ne comprenaient pas cette parole et craignaient de l’interroger.

33 Ils allèrent à Capharnaüm. Une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » 

34 Mais ils se taisaient, car, en chemin, ils s’étaient querellés pour savoir qui était le plus grand. 

35 Jésus s’assit et il appela les Douze ; il leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » 

36 Et prenant un enfant, il le plaça au milieu d’eux et, après l’avoir embrassé, il leur dit :  37 « Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille moi-même ; et qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

38 Jean lui dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l’en empêcher parce qu’il ne nous suivait pas. » 

39 Mais Jésus dit : « Ne l’empêchez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi.  40 Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. 41 Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense.

42 « Quiconque entraîne la chute d’un seul de ces petits qui croient, il vaut mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse meule, et qu’on le jette à la mer.  43 Si ta main entraîne ta chute, coupe-la ; il vaut mieux que tu entres manchot dans la vie que d’aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas [44].  45 Si ton pied entraîne ta chute, coupe-le ; il vaut mieux que tu entres estropié dans la vie que d’être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne [46 ].  47 Et si ton œil entraîne ta chute, arrache-le ; il vaut mieux que tu entres borgne dans le Royaume de Dieu que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne,  48 où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. 

49 Car chacun sera salé au feu.  50 C’est une bonne chose que le sel. Mais si le sel perd son goût, avec quoi le lui rendrez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix les uns avec les autres. »

10 1 Partant de là, Jésus va dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, les foules se rassemblent autour de lui et il les enseignait une fois de plus, selon son habitude. 

2 Des Pharisiens s’avancèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui demandaient s’il est permis à un homme de répudier sa femme. 

3 Il leur répondit : « Qu’est-ce que Moïse vous a prescrit ? » 

4 Ils dirent : « Moïse a permis d’écrire un certificat de répudiation et de renvoyer sa femme. » 

5 Jésus leur dit : « C’est à cause de la dureté de votre cœur qu’il a écrit pour vous ce commandement.  6 Mais au commencement du monde, Dieu les fit mâle et femelle ;  7 c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme,  8 et les deux ne feront qu’une seule chair1. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.  9 Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni. » 

10 A la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur ce sujet. 

11 Il leur dit : « Si quelqu’un répudie sa femme et en épouse une autre, il est adultère à l’égard de la première ;  12 et si la femme répudie son mari et en épouse un autre, elle est adultère. »

13 Des gens lui amenaient des enfants pour qu’il les touche, mais les disciples les rabrouèrent.  14 En voyant cela, Jésus s’indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux.  15 En vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. » 

16 Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

17 Comme il se mettait en route, quelqu’un vint en courant et se jeta à genoux devant lui ; il lui demandait : « Bon Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle en partage ? » 

18 Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul.  19 Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, tu ne feras de tort à personne, honore ton père et ta mère.2 » 

20 L’homme lui dit : « Maître, tout cela, je l’ai observé dès ma jeunesse. » 

21Jésus le regarda et se prit à l’aimer ; il lui dit : « Une seule chose te manque ; va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, suis-moi. » 

22 Mais à cette parole, il s’assombrit et il s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. 

23 Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : « Qu’il est difficile à ceux qui ont les richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » 

24 Les disciples étaient déconcertés par ses paroles. Mais Jésus leur répète : « Mes enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu !  25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. » 

26 Ils étaient de plus en plus impressionnés ; ils se disaient entre eux : « Alors qui peut être sauvé ? » 

27 Fixant sur eux son regard, Jésus dit : « Aux hommes, c’est impossible, mais pas à Dieu, car tout est possible à Dieu. » 

28 Pierre se mit à lui dire : « Eh bien ! nous, nous avons tout laissé pour te suivre. » 

29 Jésus lui dit : « En vérité, je vous le déclare, personne n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’Évangile,  30 sans recevoir au centuple maintenant, en ce temps-ci, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et dans le monde à venir la vie éternelle.  31 Beaucoup de premiers seront derniers et les derniers seront premiers. »

32 Ils étaient en chemin et montaient à Jérusalem, Jésus marchait devant eux. Ils étaient effrayés, et ceux qui suivaient avaient peur. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :  33 « Voici que nous montons à Jérusalem et le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, 34 ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront, ils le tueront et, trois jours après, il ressuscitera. »

35 Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander. » 

36 Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » 

37 Ils lui dirent : « Accorde-nous de siéger dans ta gloire l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. » 

38 Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? » 

39 Ils lui dirent : « Nous le pouvons. »

Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez, et du baptême dont je vais être baptisé, vous serez baptisés. 40 Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder : ce sera donné à ceux pour qui cela est préparé. » 

41 Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. 

42 Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez, ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. 43 Il n’en est pas ainsi parmi vous. Au contraire, si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur.  44 Et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous.  45 Car le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

46 Ils arrivent à Jéricho. Comme Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une assez grande foule, l’aveugle Bartimée, fils de Timée, était assis au bord du chemin en train de mendier.  47 Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! »  48 Beaucoup le rabrouaient pour qu’il se taise, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » 

49Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle, on lui dit : « Confiance, lève-toi, il t’appelle. » 

50 Rejetant son manteau, il se leva d’un bond et il vint vers Jésus. 

51 S’adressant à lui, Jésus dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » 

52 Jésus dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt il retrouva la vue et il suivait Jésus sur le chemin.

 

 


un texte ancien

Le manuscrit de la Règle de la Communauté fait partie des premiers manuscrits trouvés en 1947 dans les grottes près de la Mer morte à Qoumran. Composé de 5 feuilles de cuir, assez bien conservées, il présente le début de ce qui devait être la règle de vie de la communauté des esséniens qui vivaient sur les bords de la Mer Morte. La suite du texte a été trouvée en plusieurs parties dans d'autres grottes. On peut penser que ce texte a été rédigé entre 100 et 75 avant notre ère et qu'il était en vigueur pendant le ministère de Jésus en Galilée.

Tous les volontaires attachés à Sa Vérité apporteront toute leur intelligence et toute leur force et tous leurs biens dans la communauté de Dieu, afin de purifier leur intelligence dans la vérité des préceptes de Dieu et d'ordonner leurs forces selon la perfection de Ses voies et tous leurs biens selon Son juste conseil. Et ils ne feront pas un seul pas hors d'aucune des paroles de Dieu en ce qui concerne leurs temps : ni ils ne devanceront leurs temps, ni ils ne seront en retard pour aucune de leurs fêtes. Et ils ne s'écarteront pas de ses préceptes de vérité pour aller à droite ou à gauche.

Règle de la Communauté (1QS) 1,11-15

une fresque dans un monastère arménien du XIème siècle (?)


 

un texte théologique 

Yves Raguin (1912-1998), jésuite, fut missionnaire et enseignant en Chine, au Viet-Nam et Taïwan. C'est un des principaux artisans d'un grand dictionnaire culturel chinois en 6 volumes, appelé Grand Ricci.

Quand on a décidé de partir à la recherche de Dieu, il faut faire ses bagages, seller son âne et se mettre en route. La montagne de Dieu est à peine visible dans le lointain. À l'aube, il faut partir.

C'est un grand départ. Il faut dire adieu. À quoi ? À tout et à rien. À rien, car ce monde que l'on quitte sera toujours là près de nous, en nous jusqu'à notre dernier souffle, toujours aussi près de nous. Étant chassé et repoussé, il a bien des chances de surgir avec plus de véhémence à l'intérieur de nous-même. À tout, car, en partant à la recherche de l'absolu, nous coupons les ponts avec tout ce qui pourrait nous en détourner, avec ce qui en nous et dans les êtres, tend à former un corps d'opposition à l'action divine. Finalement ce qui est le plus dur à laisser, c'est ce nous-nous-même, qui dans son besoin fondamental d'autonomie, s'oppose à Dieu.

La séparation, finalement, n'est pas dans l'éloignement mais dans le détachement. il faut à tout prix empêcher notre personnalité de se replier sur elle-même, de se construire en face de Dieu une citadelle, où Dieu ne sera admis que comme un hôte…

Avant de partir, il y a quelques coups de hache et de serpe à donner. En tranchant autour de soi, on voit immédiatement que l'on tranche en soi. mais il ne faut pas attendre d'être détaché de tout et de soi pour partir…

Yves Raguin, Chemins de contemplation, 1969


Questions

- Quels liens voyez-vous entre cette portion de l'évangile et le récit d'homme riche ?

- Dans sa réponse à celui qui voulait devenir disciple, Jésus évoque tout d'abord les dix commandements mais ne les cite pas tous. À votre avis pourquoi choisit-il ces commandements-là ?

- Quel lien peut-on voir entre les commandements cités par Jésus et ce que finalement il demande à celui qui veut devenir son disciple ?

- La règle de la Communauté des Essséniens de Qoumran est aussi très exigeante. En quoi est-elle différente de ce que Jésus demande à ses disciples ?

- Ce récit fait rarement l'objet d'une illustration. Celle proposée ici proviendrait d’un monastère. Pourquoi, à votre avis avoir choisi ce texte pour ce lieu ?

- Dieu demande-t-il la même chose à tous les croyants ou est-il plus exigeant pour certains à qui il adresse une vocation particulière ?

une prière 

Seigneur, daigne achever l’œuvre que tu as commencé en moi;

daigne la mener à sa plénitude.

Ne tolère pas que je t’appartienne à moitié seulement.

Retranche ce qui doit être retranché.

Châtie-moi s’il le faut, comme un père châtie son enfant :

corrige, humilie-moi dans ton amour qui veut tout de moi,

afin que je sois sans fissure et sans dérobade entre tes mains,

sans murmure ni hésitation dans mon obéissance,

sans partage et plein de joie dans mon amour.

N’abandonne pas l’œuvre de tes mains, ô Éternel.

N’abandonne pas !


Michel Bouttier, Prières pour mon village


1-Genèse 2,24

2-Exode 20,12-6 ou Deutéronome 5,16-20

02 septembre 2020

la dernière annonce (Marc 12:38-13:36)

 

12 38 Dans son enseignement, [Jésus] disait : « Prenez garde aux scribes qui tiennent à déambuler en grandes robes, à être salués sur les places publiques,  39 à occuper les premiers sièges dans les synagogues et les premières places dans les dîners.  40 Eux qui dévorent les biens des veuves et affectent de prier longuement, ils subiront la plus rigoureuse condamnation. »

41 Assis en face du tronc, Jésus regardait comment la foule mettait de l’argent dans le tronc. De nombreux riches mettaient beaucoup.  42 Vint une veuve pauvre qui mit deux petites pièces, quelques centimes.  43 Appelant ses disciples, Jésus leur dit : « En vérité, je vous le déclare, cette veuve pauvre a mis plus que tous ceux qui mettent dans le tronc. 44 Car tous ont mis en prenant sur leur superflu ; mais elle, elle a pris sur sa misère pour mettre tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

13 1Comme Jésus s’en allait du temple, un de ses disciples lui dit : « Maître, regarde : quelles pierres, quelles constructions ! » 

2 Jésus lui dit : « Tu vois ces grandes constructions ! Il ne restera pas pierre sur pierre ; tout sera détruit. » 

3 Comme il était assis au mont des Oliviers en face du temple, Pierre, Jacques, Jean et André, à l’écart, lui demandaient :  4 « Dis-nous quand cela arrivera et quel sera le signe que tout cela va finir. »

5 Jésus se mit à leur dire : « Prenez garde que personne ne vous égare. 6 Beaucoup viendront en prenant mon nom ; ils diront : “C’est moi”, et ils égareront bien des gens.  6 Quand vous entendrez parler de guerres et de rumeurs de guerres, ne vous alarmez pas : il faut que cela arrive, mais ce ne sera pas encore la fin.  8 On se dressera en effet nation contre nation, et royaume contre royaume ; il y aura en divers endroits des tremblements de terre, il y aura des famines ; ce sera le commencement des douleurs de l’enfantement. 

9 Soyez sur vos gardes. On vous livrera aux tribunaux et aux synagogues, vous serez roués de coups, vous comparaîtrez devant des gouverneurs et des rois à cause de moi : ils auront là un témoignage.  10 Car il faut d’abord que l’Évangile soit proclamé à toutes les nations. 

11 Quand on vous conduira pour vous livrer, ne soyez pas inquiets à l’avance de ce que vous direz ; mais ce qui vous sera donné à cette heure-là, dites-le ; car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit Saint.  12 Le frère livrera son frère à la mort, et le père son enfant ; les enfants se dresseront contre leurs parents et les feront condamner à mort.  13 Vous serez haïs de tous à cause de mon nom. Mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.

14 « Quand vous verrez l’Abominable Dévastateur installé là où il ne faut pas – que le lecteur comprenne ! –, alors, ceux qui seront en Judée, qu’ils fuient dans les montagnes ;  15 celui qui sera sur la terrasse, qu’il ne descende pas, qu’il n’entre pas dans sa maison pour en emporter quelque chose ; 16 celui qui sera au champ, qu’il ne retourne pas en arrière pour prendre son manteau ! 17 Malheureuses celles qui seront enceintes et celles qui allaiteront en ces jours-là ! 

18 Priez pour que cela n’arrive pas en hiver.  19 Car ces jours-là seront des jours de détresse comme il n’y en a pas eu de pareille depuis le commencement du monde que Dieu a créé jusqu’à maintenant, et comme il n’y en aura plus.  20 Et si le Seigneur n’avait pas abrégé ces jours, personne n’aurait la vie sauve ; mais à cause des élus, qu’il a choisis, il a abrégé ces jours.  21 Alors, si quelqu’un vous dit : “Vois, le Messie est ici ! Vois, il est là !”, ne le croyez pas.  22 De faux messies et de faux prophètes se lèveront et feront des signes et des prodiges pour égarer, si possible, même les élus.  23 Vous donc, prenez garde, je vous ai prévenus de tout.

24 Mais en ces jours-là, après cette détresse, le soleil s’obscurcira, la lune ne brillera plus,  25 les étoiles se mettront à tomber du ciel et les puissances qui sont dans les cieux seront ébranlées. 

26 Alors on verra le Fils de l’homme venir, entouré de nuées, dans la plénitude de la puissance et dans la gloire.  27 Alors il enverra les anges et, des quatre vents, de l’extrémité de la terre à l’extrémité du ciel, il rassemblera ses élus.

28 Comprenez cette comparaison empruntée au figuier : dès que ses rameaux deviennent tendres et que poussent ses feuilles, vous reconnaissez que l’été est proche. 29 De même, vous aussi, quand vous verrez cela arriver, sachez que le Fils de l’homme est proche, qu’il est à vos portes.  30 En vérité, je vous le déclare, cette génération ne passera pas que tout cela n’arrive. 31 Le ciel et la terre passeront, mes paroles ne passeront pas. 32 Mais ce jour ou cette heure, nul ne les connaît, ni les anges du ciel, ni le Fils, personne sinon le Père.

33 Prenez garde, restez éveillés, car vous ne savez pas quand ce sera le moment. 34 C’est comme un homme qui part en voyage : il a laissé sa maison, confié à ses serviteurs l’autorité, à chacun sa tâche, et il a donné au portier l’ordre de veiller. 

35 Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir ou au milieu de la nuit, au chant du coq ou le matin,  36 de peur qu’il n’arrive à l’improviste et ne vous trouve en train de dormir.  37 Ce que je vous dis, je le dis à tous : veillez. »


Le « livre d'Hénoch » est un ensemble de cinq textes attribués à l’arrière grand-père de Noé enlevé au ciel sans avoir connu la mort (Genèse 5,24). Ces textes nous sont parvenus dans leur traduction éthiopienne. L'Église éthiopienne les considère comme faisant partie de la Bible. Des fragments en araméen de plusieurs de ces textes (mais pas de celui dont est extrait le passage donné ici et qu'on appelle "le livre des paraboles") ont été retrouvés dans les grottes de Qoumran. Ils sont datés des deux derniers siècles avant notre ère. Certains pensent que « le livre des paraboles » serait un texte chrétien ajouté au reste de la collection. Pour d’autres, il s’agirait d’un texte apocalyptique juif daté de la première partie du 1er siècle de notre ère.


1 Voici l'ordre du Seigneur aux rois, aux puissants, aux puissants, aux grands et aux habitants de la terre : "Ouvrez les yeux, élevez vos cornes. Pourrez-vous reconnaître l'Élu ?"

2 Le Seigneur des esprits l'aura fait asseoir sur Son trône glorieux. L'esprit de justice1 sera répandu sur lui, et la parole de sa bouche fera mourir tous les pécheurs. Tous les méchants périront devant sa face.

3 Ce jour-là, tous les rois se lèveront ainsi que les puissants, les grands, les maîtres de la terre; ils le verront et sauront qu'il siège sur son trône glorieux. Devant lui sera rendue la justice, et aucune parole vaine ne sera prononcée devant lui.

4 Viendra sur eux une douleur comme sur une femme en travail, quand l'enfant se présente et qu'elle peine pour enfanter. 5 La moitié d'entre eux regardera l'autre moitié. Ils seront consternées, la tête basse, en proie à la douleur quand ils verront ce fils d'homme s'asseoir sur son trône glorieux.

6 Les rois, les puissants, tous les maîtres de la terre béniront, glorifieront, exalteront le détenteur de tous les secrets 7 car, dès l'origine, le Fils de l'homme a été caché; le Très haut l'a gardé par-devers sa puissance. Puis il l'a révélé aux élus

8 La Communauté des élus et des saints sera semée, et tous les élus se tiendront devant lui en ce jour. 9 Tous les rois, les puissants, les grands et les maître de l'aride tomberont devant lui, face contre terre. Ils se prosterneront et mettront leur espoir dans ce Fils d'homme. Ils le supplieront et lui demanderont grâce.

10 Mais le Seigneur des esprits, lui-même les frappera d'épouvante, si bien qu'ils se hâteront de fuir sa présence, la honte sur le front, les ténèbres sur la face.

Livre d'Hénoch 62,1-10

Une illustration d'un manuscrit du XIème siècle

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On connaît une trentaine de manuscrits datés du XIème siècle du Commentaire de l'Apocalypse rédigé au VIIIème siècle par le moine Beatus de l'abbaye de Santo Torribio de Liébana en Espagne.

Parmi ces manuscrits : le « Beatus » de Facundus d’où est tirée cette illustration.

On peut y voir le soleil qui devient noir alors que la lune se change en sang et que

les étoiles tombent sur la terre où les humains se cachent dans les cavernes des montagnes.

 

 

 

 

 

un texte théologique

René Char, dans une courte « note sur le maquis » de 1944 écrit : « Dans la rapide succession des espoirs et des déceptions, des soudains en-avant suivis de déprimantes tromperies qui ont jalonné ces quarante dernières années, on peut discerner à bon droit la marque d’une fatalité maligne, la même dont on entrevoit périodiquement l’intervention au cours des tranches excessives de l’histoire, comme si elle avait pour mission d’interdire tout changement autre que superficiel de la condition profonde des hommes. Mais je dois chasser cette appréhension. L’année qui accourt a devant elle le champ libre… »

Dans la suspension dans laquelle se termine ce paragraphe déterminant de l’Histoire, j’entends la nécessité de l’espérance. Quand les astres sont dissimulés, il reste à se munir d’une lanterne et à avancer dans le halo circonscrit et économe qu’elle dessine à vos pieds. Si la fin des temps, dont on a tout loisir de faire une science, peut encore signifier quelque chose pour nous, c’est sans doute cette brèche d’espérance dans les jours sombres de nos histoires. Ainsi peut-on, sur le plan spirituel, opter pour une compréhension large de l’eschatologie1 comme espérance, plutôt que pour une compréhension étroite d’une descriptif des temps à venir.

La fin des temps prendrait alors le contre-pied de la fatalité qu’on lui associe pourtant souvent. Elle élargirait le halo qui éclaire nos marches humaines, au lieu d’en pointer un horizon qui recule à mesure que nous avançons. Le temps qui s’offre à nous a devant lui le champ libre…

Marion Muller-Colard, Éclats d’Évangile

questions…

- les textes de Marc comme celui du livre d’Hénoch, évoque la venue du « Fils de l’Homme ». Comment comprenez-vous cette expression ? Qu’évoque-t-elle pour vous ?

- On pourrait comparer la littérature apocalyptique aux romans de science-fiction, notamment ceux qui mettent en scène une catastrophe nucléaire ou climatique. À votre avis, qu’est-ce qui fait le succès de ces histoires ?

- Quel est le but de Jésus quand il propose ce type de message ?

- Ce discours apocalyptique est daté par l’évangéliste des tout derniers jours de Jésus, juste avant son arrestation et sa crucifixion. Y-a-t-il pour vous un lien entre ces paroles et les événements qui vont suivre ?

- Marion Muller-Colard insiste sur l’espérance dont témoigne aussi ce texte. Où trouver aujourd’hui une source d’espérance ?

une chanson

Quand nous verrons basculer les mondes
Tout émerveillés mais pleins d’effroi
Quand nous verrons basculer les mondes
Il faut que tu sois près de moi !
Il faut que tu sois près de moi !

Imagine le ciel comme un toit de cristal
Écaillant le soleil au galop d’un cheval
Et les astres éclatés dans leur sang de corail
Fracassant les nuées dans un cri de métal !

Imagine la mer comme un rideau d’argent
Debout le long des terres entre mille ouragans
Et des monstres inconnus jaillis des profondeurs
Envahissant nos rues d’une hideuse laideur !

Imagine surtout revenant par milliers
Tous ceux de tous les temps que la terre a portés
Un océan de voix déchaînant son appel
Avant de nous jeter dans les bras du soleil !

Marie-Annick Rétif (Mannick)

1-la science ou le discours concernant la fin du monde


1- manière de désigner Dieu dans cette partie du livre d’Hénoch