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04 septembre 2020

en route vers Jérusalem (Marc 9,14-10,52)

 

14 En venant vers les disciples, ils virent autour d’eux une grande foule et des scribes qui discutaient avec eux. 

15 Dès qu’elle vit Jésus, toute la foule fut remuée et l’on accourait pour le saluer. 

16 Il leur demanda : « De quoi discutez-vous avec eux ? » 

17 Quelqu’un dans la foule lui répondit : « Maître, je t’ai amené mon fils : il a un esprit muet. 

18 L’esprit s’empare de lui n’importe où, il le jette à terre, et l’enfant écume, grince des dents et devient raide. J’ai dit à tes disciples de le chasser, et ils n’en ont pas eu la force. » 

19 Prenant la parole, Jésus leur dit : « Génération incrédule, jusqu’à quand serai-je auprès de vous ? Jusqu’à quand aurai-je à vous supporter ? Amenez-le-moi. » 

20 Ils le lui amenèrent. Dès qu’il vit Jésus, l’esprit se mit à agiter l’enfant de convulsions ; celui-ci, tombant par terre, se roulait en écumant. 

21 Jésus demanda au père : « Depuis combien de temps cela lui arrive-t-il ? » Il dit : « Depuis son enfance. 22 Souvent l’esprit l’a jeté dans le feu ou dans l’eau pour le faire périr. Mais si tu peux quelque chose, viens à notre secours, par pitié pour nous. » 

23 Jésus lui dit : « Si tu peux !… Tout est possible à celui qui croit. » 

24 Aussitôt le père de l’enfant s’écria : « Je crois ! Viens au secours de mon manque de foi ! » 

25 Jésus, voyant la foule s’attrouper, menaça l’esprit impur : « Esprit sourd et muet, je te l’ordonne, sors de cet enfant et n’y rentre plus ! » 

26 Avec des cris et de violentes convulsions, l’esprit sortit. L’enfant devint comme mort, si bien que tous disaient : « Il est mort. »  27 Mais Jésus, en lui prenant la main, le fit lever et il se mit debout. 

28 Quand Jésus fut rentré à la maison, ses disciples lui demandèrent en particulier : « Et nous, pourquoi n’avons-nous pu chasser cet esprit ? » 

29 Il leur dit : « Ce genre d’esprit, rien ne peut le faire sortir, que la prière. »

30 Partis de là, ils traversaient la Galilée et Jésus ne voulait pas qu’on le sache.  31 Car il enseignait ses disciples et leur disait : « Le Fils de l’homme va être livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, lorsqu’il aura été tué, trois jours après il ressuscitera. »  32 Mais ils ne comprenaient pas cette parole et craignaient de l’interroger.

33 Ils allèrent à Capharnaüm. Une fois à la maison, Jésus leur demandait : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » 

34 Mais ils se taisaient, car, en chemin, ils s’étaient querellés pour savoir qui était le plus grand. 

35 Jésus s’assit et il appela les Douze ; il leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » 

36 Et prenant un enfant, il le plaça au milieu d’eux et, après l’avoir embrassé, il leur dit :  37 « Qui accueille en mon nom un enfant comme celui-là, m’accueille moi-même ; et qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. »

38 Jean lui dit : « Maître, nous avons vu quelqu’un qui chassait les démons en ton nom et nous avons cherché à l’en empêcher parce qu’il ne nous suivait pas. » 

39 Mais Jésus dit : « Ne l’empêchez pas, car il n’y a personne qui fasse un miracle en mon nom et puisse, aussitôt après, mal parler de moi.  40 Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. 41 Quiconque vous donnera à boire un verre d’eau parce que vous appartenez au Christ, en vérité, je vous le déclare, il ne perdra pas sa récompense.

42 « Quiconque entraîne la chute d’un seul de ces petits qui croient, il vaut mieux pour lui qu’on lui attache au cou une grosse meule, et qu’on le jette à la mer.  43 Si ta main entraîne ta chute, coupe-la ; il vaut mieux que tu entres manchot dans la vie que d’aller avec tes deux mains dans la géhenne, dans le feu qui ne s’éteint pas [44].  45 Si ton pied entraîne ta chute, coupe-le ; il vaut mieux que tu entres estropié dans la vie que d’être jeté avec tes deux pieds dans la géhenne [46 ].  47 Et si ton œil entraîne ta chute, arrache-le ; il vaut mieux que tu entres borgne dans le Royaume de Dieu que d’être jeté avec tes deux yeux dans la géhenne,  48 où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas. 

49 Car chacun sera salé au feu.  50 C’est une bonne chose que le sel. Mais si le sel perd son goût, avec quoi le lui rendrez-vous ? Ayez du sel en vous-mêmes et soyez en paix les uns avec les autres. »

10 1 Partant de là, Jésus va dans le territoire de la Judée, au-delà du Jourdain. De nouveau, les foules se rassemblent autour de lui et il les enseignait une fois de plus, selon son habitude. 

2 Des Pharisiens s’avancèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui demandaient s’il est permis à un homme de répudier sa femme. 

3 Il leur répondit : « Qu’est-ce que Moïse vous a prescrit ? » 

4 Ils dirent : « Moïse a permis d’écrire un certificat de répudiation et de renvoyer sa femme. » 

5 Jésus leur dit : « C’est à cause de la dureté de votre cœur qu’il a écrit pour vous ce commandement.  6 Mais au commencement du monde, Dieu les fit mâle et femelle ;  7 c’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme,  8 et les deux ne feront qu’une seule chair1. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.  9 Que l’homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni. » 

10 A la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur ce sujet. 

11 Il leur dit : « Si quelqu’un répudie sa femme et en épouse une autre, il est adultère à l’égard de la première ;  12 et si la femme répudie son mari et en épouse un autre, elle est adultère. »

13 Des gens lui amenaient des enfants pour qu’il les touche, mais les disciples les rabrouèrent.  14 En voyant cela, Jésus s’indigna et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux.  15 En vérité, je vous le déclare, qui n’accueille pas le Royaume de Dieu comme un enfant n’y entrera pas. » 

16 Et il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

17 Comme il se mettait en route, quelqu’un vint en courant et se jeta à genoux devant lui ; il lui demandait : « Bon Maître, que dois-je faire pour recevoir la vie éternelle en partage ? » 

18 Jésus lui dit : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Nul n’est bon que Dieu seul.  19 Tu connais les commandements : Tu ne commettras pas de meurtre, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne porteras pas de faux témoignage, tu ne feras de tort à personne, honore ton père et ta mère.2 » 

20 L’homme lui dit : « Maître, tout cela, je l’ai observé dès ma jeunesse. » 

21Jésus le regarda et se prit à l’aimer ; il lui dit : « Une seule chose te manque ; va, ce que tu as, vends-le, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor dans le ciel ; puis viens, suis-moi. » 

22 Mais à cette parole, il s’assombrit et il s’en alla tout triste, car il avait de grands biens. 

23 Regardant autour de lui, Jésus dit à ses disciples : « Qu’il est difficile à ceux qui ont les richesses d’entrer dans le Royaume de Dieu ! » 

24 Les disciples étaient déconcertés par ses paroles. Mais Jésus leur répète : « Mes enfants, qu’il est difficile d’entrer dans le Royaume de Dieu !  25 Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le Royaume de Dieu. » 

26 Ils étaient de plus en plus impressionnés ; ils se disaient entre eux : « Alors qui peut être sauvé ? » 

27 Fixant sur eux son regard, Jésus dit : « Aux hommes, c’est impossible, mais pas à Dieu, car tout est possible à Dieu. » 

28 Pierre se mit à lui dire : « Eh bien ! nous, nous avons tout laissé pour te suivre. » 

29 Jésus lui dit : « En vérité, je vous le déclare, personne n’aura laissé maison, frères, sœurs, mère, père, enfants ou champs à cause de moi et à cause de l’Évangile,  30 sans recevoir au centuple maintenant, en ce temps-ci, maisons, frères, sœurs, mères, enfants et champs, avec des persécutions, et dans le monde à venir la vie éternelle.  31 Beaucoup de premiers seront derniers et les derniers seront premiers. »

32 Ils étaient en chemin et montaient à Jérusalem, Jésus marchait devant eux. Ils étaient effrayés, et ceux qui suivaient avaient peur. Prenant de nouveau les Douze avec lui, il se mit à leur dire ce qui allait lui arriver :  33 « Voici que nous montons à Jérusalem et le Fils de l’homme sera livré aux grands prêtres et aux scribes ; ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, 34 ils se moqueront de lui, ils cracheront sur lui, ils le flagelleront, ils le tueront et, trois jours après, il ressuscitera. »

35 Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, nous voudrions que tu fasses pour nous ce que nous allons te demander. » 

36 Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? » 

37 Ils lui dirent : « Accorde-nous de siéger dans ta gloire l’un à ta droite et l’autre à ta gauche. » 

38 Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, ou être baptisés du baptême dont je vais être baptisé ? » 

39 Ils lui dirent : « Nous le pouvons. »

Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez, et du baptême dont je vais être baptisé, vous serez baptisés. 40 Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, il ne m’appartient pas de l’accorder : ce sera donné à ceux pour qui cela est préparé. » 

41 Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean. 

42 Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez, ceux qu’on regarde comme les chefs des nations les tiennent sous leur pouvoir et les grands sous leur domination. 43 Il n’en est pas ainsi parmi vous. Au contraire, si quelqu’un veut être grand parmi vous, qu’il soit votre serviteur.  44 Et si quelqu’un veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous.  45 Car le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

46 Ils arrivent à Jéricho. Comme Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une assez grande foule, l’aveugle Bartimée, fils de Timée, était assis au bord du chemin en train de mendier.  47 Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! »  48 Beaucoup le rabrouaient pour qu’il se taise, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » 

49Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle, on lui dit : « Confiance, lève-toi, il t’appelle. » 

50 Rejetant son manteau, il se leva d’un bond et il vint vers Jésus. 

51 S’adressant à lui, Jésus dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » 

52 Jésus dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt il retrouva la vue et il suivait Jésus sur le chemin.

 

 


un texte ancien

Le manuscrit de la Règle de la Communauté fait partie des premiers manuscrits trouvés en 1947 dans les grottes près de la Mer morte à Qoumran. Composé de 5 feuilles de cuir, assez bien conservées, il présente le début de ce qui devait être la règle de vie de la communauté des esséniens qui vivaient sur les bords de la Mer Morte. La suite du texte a été trouvée en plusieurs parties dans d'autres grottes. On peut penser que ce texte a été rédigé entre 100 et 75 avant notre ère et qu'il était en vigueur pendant le ministère de Jésus en Galilée.

Tous les volontaires attachés à Sa Vérité apporteront toute leur intelligence et toute leur force et tous leurs biens dans la communauté de Dieu, afin de purifier leur intelligence dans la vérité des préceptes de Dieu et d'ordonner leurs forces selon la perfection de Ses voies et tous leurs biens selon Son juste conseil. Et ils ne feront pas un seul pas hors d'aucune des paroles de Dieu en ce qui concerne leurs temps : ni ils ne devanceront leurs temps, ni ils ne seront en retard pour aucune de leurs fêtes. Et ils ne s'écarteront pas de ses préceptes de vérité pour aller à droite ou à gauche.

Règle de la Communauté (1QS) 1,11-15

une fresque dans un monastère arménien du XIème siècle (?)


 

un texte théologique 

Yves Raguin (1912-1998), jésuite, fut missionnaire et enseignant en Chine, au Viet-Nam et Taïwan. C'est un des principaux artisans d'un grand dictionnaire culturel chinois en 6 volumes, appelé Grand Ricci.

Quand on a décidé de partir à la recherche de Dieu, il faut faire ses bagages, seller son âne et se mettre en route. La montagne de Dieu est à peine visible dans le lointain. À l'aube, il faut partir.

C'est un grand départ. Il faut dire adieu. À quoi ? À tout et à rien. À rien, car ce monde que l'on quitte sera toujours là près de nous, en nous jusqu'à notre dernier souffle, toujours aussi près de nous. Étant chassé et repoussé, il a bien des chances de surgir avec plus de véhémence à l'intérieur de nous-même. À tout, car, en partant à la recherche de l'absolu, nous coupons les ponts avec tout ce qui pourrait nous en détourner, avec ce qui en nous et dans les êtres, tend à former un corps d'opposition à l'action divine. Finalement ce qui est le plus dur à laisser, c'est ce nous-nous-même, qui dans son besoin fondamental d'autonomie, s'oppose à Dieu.

La séparation, finalement, n'est pas dans l'éloignement mais dans le détachement. il faut à tout prix empêcher notre personnalité de se replier sur elle-même, de se construire en face de Dieu une citadelle, où Dieu ne sera admis que comme un hôte…

Avant de partir, il y a quelques coups de hache et de serpe à donner. En tranchant autour de soi, on voit immédiatement que l'on tranche en soi. mais il ne faut pas attendre d'être détaché de tout et de soi pour partir…

Yves Raguin, Chemins de contemplation, 1969


Questions

- Quels liens voyez-vous entre cette portion de l'évangile et le récit d'homme riche ?

- Dans sa réponse à celui qui voulait devenir disciple, Jésus évoque tout d'abord les dix commandements mais ne les cite pas tous. À votre avis pourquoi choisit-il ces commandements-là ?

- Quel lien peut-on voir entre les commandements cités par Jésus et ce que finalement il demande à celui qui veut devenir son disciple ?

- La règle de la Communauté des Essséniens de Qoumran est aussi très exigeante. En quoi est-elle différente de ce que Jésus demande à ses disciples ?

- Ce récit fait rarement l'objet d'une illustration. Celle proposée ici proviendrait d’un monastère. Pourquoi, à votre avis avoir choisi ce texte pour ce lieu ?

- Dieu demande-t-il la même chose à tous les croyants ou est-il plus exigeant pour certains à qui il adresse une vocation particulière ?

une prière 

Seigneur, daigne achever l’œuvre que tu as commencé en moi;

daigne la mener à sa plénitude.

Ne tolère pas que je t’appartienne à moitié seulement.

Retranche ce qui doit être retranché.

Châtie-moi s’il le faut, comme un père châtie son enfant :

corrige, humilie-moi dans ton amour qui veut tout de moi,

afin que je sois sans fissure et sans dérobade entre tes mains,

sans murmure ni hésitation dans mon obéissance,

sans partage et plein de joie dans mon amour.

N’abandonne pas l’œuvre de tes mains, ô Éternel.

N’abandonne pas !


Michel Bouttier, Prières pour mon village


1-Genèse 2,24

2-Exode 20,12-6 ou Deutéronome 5,16-20